Les fossoyeuses ¤ Taina Tervonen

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« L’identification, c’est comme un point que les familles arrivent à mettre au bout d’une phrase longue de plus de quinze ans, elle dit. Alors autant ne pas le remplacer par des points de suspension, quand c’est possible. »

Je découvre grâce à ce livre – et sur conseil (toujours aussi avisé) d’une super libraire – une maison d’édition et une auteure-journaliste indépendante. Sur leur site, les éditions Marchialy se présentent ainsi : « fondées en 2016 par Clémence Billault et Cyril Gay, publient au rythme d’une dizaine de titres par an des histoires vraies portées par une exigence littéraire : grands reportages aux limites du roman d’aventures, enquêtes romancées, épopées gonzo, récits d’exploration. Du désert aux mégalopoles, Marchialy combine l’acuité du journaliste et le talent du bonimenteur. »

illustration couverture © Guillaume Guilpart

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La vie vagabonde, carnets de route ¤ Lawrence Ferlinghetti

Poète, libraire, dessinateur, éditeur, fondateur de la célèbre maison d’édition-librairie City Lights à San Francisco en 1953 mais surtout baroudeur, Lawrence Ferlinghetti est né en 1919 dans l’état de New York. Son père, immigré italien, meurt peu avant sa naissance laissant sa mère dans un monstrueux chagrin qui la conduira à se faire hospitaliser. Lawrence Ferlinghetti sera élevé par une tante en France, avant d’être accueilli par une famille adoptive aux Etats-Unis.

FILE PHOTO: Lawrence Ferlinghetti stands outside his bookstore in San Francisco
Lawrence Ferlinghetti devant sa librairie en Août1998. ©

Du débarquement de Normandie à la rencontre de Fidel Castro, en passant par mai 68 à Paris ou la traversée de la Russie à bord du Transsibérien, Ferlinghetti, mort à presque 102 ans, a parcouru le monde et un siècle à grandes enjambées, les yeux assoiffés d’images et de poésie. Ses carnets de route sont un réel témoignage poétique, teinté d’humour, parfois déjanté (pour ne pas dire beat) mais toujours très aiguisé du temps qui passe.  Chroniques des peuples terriens et de l’âge belliqueux des dictatures, Lawrence Ferlinghetti jamais ne dort car même lorsqu’il rêve ou cauchemarde, ses pensées traduisent encore une langue pacifiste.

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Sept jours en face ¤ Anne Lecourt

J’ai commencé le roman d’Anne dans le train pour Paris (puis Laval, où j’allais la rencontrer pour le Festival du Premier Roman & des Littératures Contemporaines), enragée de ne pas avoir eu le temps d’acheter le format papier. Pendant le trajet je note des bouts dans mon carnet. Je me dis qu’il y a quelque chose d’intense, une écriture particulièrement fine, intime, qui ne nous lâche pas une fois qu’elle nous tient.

« Le vent qui mordille les chevilles » et les odeurs si fortes qui se dégagent du récit, les émotions prenantes et la justesse qui ne déborde jamais. Des fenêtres dans son texte s’ouvrent à mon cœur de lectrice.

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Rencontrer Giono

Voilà que ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de livres ici. Ma découverte de Jean Giono méritait sacrément un petit article, pour te donner envie, peut-être, de te lancer dans la lecture de ce grand Monsieur. Tu as compris, j’suis tombée en amour avec l’écriture de Giono. Je te raconte tout ça!

 

 

 

 

C’est mon père qui m’a prêté Le Hussard sur le toit, alors que je lui racontais mes récentes lectures, décevantes, et mon besoin d’écriture éblouissante. J’ai donc emporté Le Hussard en weekend dans le Var, non loin de sa ville natale, Manosque. Marcher dans les paysages que Giono décrit dans ce roman a quelque chose de magique. Il manquait bien sûr la chaleur oppressante de l’été, mais l’odeur de la roche et la couleur d’un ciel gris s’étirant comme un chat féral étaient bien là. J’ai dévoré les pages, rencontré Angelo Pardi qui sillonne un sud de France de 1830, ravagé par une terrible épidémie de choléra, avec la liberté et son Italie natale en ligne de mire. 

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Le dernier quartier de Lune ¤ CHI Zijian

Lire un roman c’est parfois se déchausser avant d’entrer chez quelqu’un. Laisser ses chaussures sur le pas de la porte, en signe de respect, avant de pénétrer chez l’hôte, qui nous invite, nous accueille. Refermer le livre c’est remettre ses chaussures pour rentrer chez soi, le cœur battant, tout vivant et vibrant, se remettant à peine de la magie de la rencontre. 

La narratrice de Le Dernier Quartier de Lune n’a pas de nom. Elle et moi devenons si proches, je finis par perdre le mien. Nous voilà deux femmes sans nom, moi l’Occidentale: j’ai laissé mes chaussures devant le tipi. Elle: femme, épouse, mère, amie, veuve, cueilleuse, marcheuse, éleveuse, femme du vent, des ours et des fleurs sauvages: elle est Evenk et elle raconte. 

Au Nord, non loin d’un fleuve qui sépare la Chine de la Russie, l’urireng s’apprête à démonter les tipis et chercher un campement pour l’automne. Le vent est frais, les clochettes des rennes tintinnabulent, quelqu’un propose un bout de viande séchée et avant que l’on ne se mette en route, un homme à cheval apparaît. C’est un Russe, il vient troquer quelques denrées, de l’alcool et des munitions contre quelques peaux.

 

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The farming of bones ¤ Edwige Danticat

J’ai découvert Edwige Danticat avec son recueil de poème Krik? Krak! étudié en Littératures postcoloniales à la fac. Terriblement bouleversée par la force de son écriture, j’ai été plus qu’heureuse d’écrire, pour mes examens, une longue rédaction sur un corpus dont Krik?Krak ! faisait partie. Sur les conseils de mon enseignante, j’ai mis la main sur son roman The Farming of Bones

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